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Distillerie Élixir4 au château-monastère de la Corroirie
Dans les anciens communs du château-monastère de la Corroirie, entre Loches et Montrésor, la distillerie Élixir4 prolonge autrement la vie du lieu. Les plantes, leurs parfums et leurs transformations y sont travaillés dans un rapport direct au domaine, aux saisons et au temps nécessaire à chaque essai.
La distillerie ne cherche pas à reconstituer les pratiques anciennes des Chartreux du Liget. Elle poursuit aujourd’hui, avec d’autres gestes, une relation entre le végétal, la matière et un lieu longtemps façonné par les usages agricoles et monastiques.
Angélique, rose, miel et autres matières botaniques entrent dans une recherche menée par variations : récolter, macérer, distiller à basse température, laisser reposer, revenir au parfum, modifier un équilibre. Élixir4♥ demeure ainsi moins une recette figée qu’un travail en mouvement.
Une rose transmise devant l’église
Certaines plantes travaillées à la distillerie appartiennent d’abord à l’histoire quotidienne de la Corroirie. Cette rose en est l’un des exemples les plus intimes.
Jeff de Mareuil l’a multipliée par bouturage à partir d’un rosier ancien d’André Eve, planté pour Maine devant l’église. Au fil des années, elle est devenue une présence familière du domaine avant d’entrer dans les recherches menées autour de la distillation.
Son parfum est particulièrement singulier. Il se distingue nettement de ceux des roses de Bourgogne, de Damas ou des roses traditionnellement travaillées à Grasse. C’est précisément cette personnalité qui intéresse ici : non pas une idée générale de la rose, mais une plante particulière, cultivée dans un lieu précis.
Le degré d’ouverture de la fleur, l’heure de la cueillette et le temps qui précède sa transformation modifient déjà ce que l’on perçoit. La plante impose ainsi son propre rythme au travail de la distillerie.
Une présence contemporaine dans un lieu ancien
La distillerie s’inscrit dans la continuité du château-monastère de la Corroirie, sans chercher à transformer le lieu en décor. Elle occupe les anciens communs, à l’entrée de la cour des Moines, au sein d’un ensemble où l’église, les jardins, les douves et les bâtiments anciens continuent d’être habités et utilisés.
Rien n’a été reconstitué. La distillation est simplement venue prendre place dans cette histoire longue, comme une activité contemporaine fondée sur l’observation du végétal, sa transformation et le temps nécessaire pour comprendre ce qu’il peut donner.
Les gestes ont changé depuis les Chartreux du Liget, mais une même relation demeure entre le lieu, les plantes et ce que l’on en fait.
L’angélique, une plante qui trouve sa place à la Corroirie
L’angélique pousse particulièrement bien à la Corroirie. Sa présence dans le domaine permet de suivre la plante dans le temps, depuis sa croissance jusqu’aux essais menés à la distillerie.
Une même plante offre plusieurs matières. Racine, tige, feuille, fleur ou graine ne portent ni les mêmes parfums ni les mêmes équilibres. Leur utilisation oblige à reprendre les temps de macération, les proportions et parfois la manière même de distiller.
Les grandes ombelles apparaissent ainsi comme une étape visible d’un cycle beaucoup plus long. La plante est observée avant d’être transformée : sa maturité, son parfum, la saison et la partie récoltée comptent autant que le procédé qui viendra ensuite.
Cette observation directe du végétal est essentielle au travail d’Élixir4 : la recette ne précède pas toujours la plante. Elle se construit aussi à partir de ce que celle-ci donne réellement, une année, une saison ou une récolte donnée.
Récolter, effeuiller, préparer les roses
La récolte appartient déjà au travail de distillation. Une rose cueillie le matin, une fleur plus ou moins ouverte ou quelques heures d’attente avant sa transformation ne donnent pas exactement la même matière.
Après la cueillette vient l’effeuillage. Les pétales sont séparés à la main et préparés avant la macération ou la distillation. À ce moment-là, leur parfum commence déjà à évoluer.
Fraîcheur, maturité et conditions de récolte comptent autant que les étapes qui suivent. Certaines différences sont presque imperceptibles au jardin et deviennent beaucoup plus sensibles une fois la matière transformée.
Une fois les roses effeuillées, les pétales sont réunis avant leur travail à la distillerie. Cette masse de matière végétale donne une mesure très concrète de ce qui sépare la fleur encore sur le rosier de ce qui entrera ensuite dans une macération ou une distillation.
Le seau de pétales est ainsi la suite immédiate du geste précédent : la fleur entière devient une matière préparée, encore fraîche, dont le parfum reste directement lié au moment de la récolte.
Cette proximité entre la plante, la main et l’alambic inscrit la recherche dans le rythme du domaine. Certains essais peuvent être repris d’une année à l’autre ; d’autres restent liés à une floraison ou à une récolte particulière.
Roses, angélique et miel dans la distillerie
Après la récolte et la préparation, les plantes entrent dans un autre temps. À la distillerie, rose, angélique et miel se retrouvent côte à côte comme des matières à observer, à comparer et à équilibrer.
Chacune apporte une présence différente. La rose porte une expression florale très singulière ; l’angélique apporte davantage de profondeur végétale ; le miel introduit une autre densité et prolonge la matière en bouche.
Leur rencontre ne repose pas sur une simple addition d’ingrédients. Les proportions, les temps de macération, la température de distillation et le repos déplacent peu à peu l’équilibre.
C’est dans cet espace, entre matière fraîche et transformation, qu’Élixir4♥ prend progressivement sa forme.
Une distillation attentive
Lorsque les plantes ont été récoltées, préparées ou mises en macération, commence un autre temps : celui de la transformation. À la Corroirie, la distillation est menée lentement, à basse température, avec une attention particulière portée aux expressions aromatiques les plus fragiles.
Une température, une durée ou une coupe légèrement différente peuvent déplacer l’équilibre : rendre un parfum plus présent, en révéler un autre ou, au contraire, le faire disparaître.
Le travail ne s’arrête pas à la sortie de l’alambic. Il faut laisser reposer, revenir au liquide, goûter à nouveau, comparer avec les essais précédents et parfois reprendre un équilibre que l’on croyait trouvé.
Le blé, le miel et les plantes ne sont jamais envisagés séparément. Chacun doit conserver sa présence sans effacer les autres. La distillation devient ainsi moins une recherche d’intensité qu’un travail de précision et d’accord.
Les hydrolats, une autre manière de travailler les plantes
La distillerie ne travaille pas uniquement autour des spiritueux. Les hydrolats ouvrent une autre manière d’approcher les plantes cultivées à la Corroirie ou choisies pour leurs qualités botaniques et aromatiques.
Lors de la distillation, la vapeur traverse la matière végétale et entraîne avec elle une partie de ses composés aromatiques. Après condensation, l’eau recueillie conserve une expression plus légère, plus fragile et parfois très différente du parfum de la plante fraîche.
Une rose, une angélique ou une autre plante ne racontent donc pas exactement la même chose selon qu’elles viennent d’être cueillies, qu’elles sont mises en macération, intégrées à un spiritueux ou distillées pour obtenir un hydrolat.
Ces écarts font partie de la recherche menée à la Corroirie. Ils permettent de comparer les parfums, d’observer ce que la distillation révèle, transforme ou laisse disparaître, puis de revenir à la plante avec une perception différente.
Ici encore, le résultat reste lié à la saison, au moment de la récolte et à la matière réellement distillée. Un hydrolat garde ainsi la trace d’une plante et d’un moment précis du domaine.
Élixir4♥, une vodka botanique travaillée par variations
Élixir4♥ est né de la recherche menée à la Corroirie autour des plantes, des parfums et de la distillation. La base de blé, le miel et les matières botaniques doivent trouver un équilibre commun, sans que l’une efface les autres.
L’angélique et la rose occupent aujourd’hui une place particulière. Leur expression dépend des récoltes, des macérations, de la distillation et du temps de repos. Le travail consiste moins à supprimer toute variation qu’à reconnaître l’équilibre qui paraît juste.
Chaque flacon est numéroté et garde ainsi la trace d’un moment précis du travail de la distillerie.
Le chanvre a fait partie de compositions et de recherches antérieures, mais il n’entre plus dans la composition actuelle d’Élixir4♥.
La fiole Élixir4♥ est proposée au prix de 68 €. Elle est actuellement épuisée.
Une recherche qui reste ouverte
La distillerie n’avance pas selon une suite de recettes définitivement fixées. Certaines pistes demandent plusieurs essais, plusieurs récoltes ou plusieurs saisons avant de trouver leur place.
Un parfum peut sembler juste à la sortie de l’alambic puis évoluer après quelques jours de repos. Une plante peut se révéler dans une macération et perdre au contraire sa finesse une fois distillée. Il faut alors reprendre, déplacer un équilibre, réduire une proportion ou parfois abandonner une piste.
Cette part d’incertitude appartient au travail mené à la Corroirie. Toutes les expériences n’ont pas vocation à devenir un produit : certaines servent simplement à mieux comprendre une plante, une matière ou un procédé.
Flacons, hydrolats et essais gardent ainsi la trace de moments précis : une récolte, une distillation, une coupe, un temps de repos et parfois un équilibre que l’on ne retrouvera pas exactement de la même manière.
Entrer dans la distillerie
La distillerie n’est pas ouverte en continu. Elle se découvre ponctuellement, lorsque le travail en cours et la vie du lieu permettent d’y entrer, lors de certains événements, de visites accompagnées ou de moments partagés à la Corroirie.
Les rendez-vous annoncés sont indiqués dans l’agenda de la Corroirie. Ils permettent d’approcher autrement le lieu : voir les matières végétales, comprendre les essais en cours, sentir les plantes et découvrir le travail de la distillerie au moment où il se fait.
Lors d’un séjour de plusieurs jours à la Corroirie, la distillerie peut devenir l’une des dimensions du domaine que l’on découvre progressivement, au même titre que l’église, les douves, les jardins, la forêt ou Vox Alchimia.
Dans le cadre d’une venue à plusieurs, une dégustation ou un temps d’échange autour des plantes et de la distillation peut parfois trouver sa place dans le séjour, selon le moment et le travail en cours.
Il ne s’agit pas d’un parcours permanent ni d’une visite standardisée. La distillerie reste un lieu de travail vivant, que l’on découvre lorsqu’il est possible de partager ce qui s’y fait réellement.
Questions autour de la distillerie Élixir4
Qu’est-ce que l’Élixir4♥ ?
Élixir4♥ est une vodka botanique distillée à la Corroirie. Elle est issue d’une recherche autour de l’angélique, de la rose, du miel et d’autres matières végétales, travaillées par macération, distillation et temps de repos.
Le chanvre entre-t-il encore dans la composition d’Élixir4♥ ?
Non. Le chanvre a fait partie des recherches et de compositions antérieures de la distillerie, mais il n’entre plus dans la composition actuelle d’Élixir4♥.
Peut-on visiter la distillerie ?
La distillerie n’est pas ouverte en continu. Lors d’un séjour à la Corroirie, elle peut se découvrir lorsque le travail en cours et la vie du lieu permettent d’y entrer. Elle s’ouvre également ponctuellement lors de certains événements ou de visites accompagnées. Les rendez-vous annoncés sont indiqués dans l’agenda de la Corroirie.
Où se trouve la distillerie Élixir4 ?
Elle est installée dans les anciens communs du château-monastère de la Corroirie, à l’entrée de la cour des Moines, entre Loches et Montrésor en Touraine.
Les plantes sont-elles cultivées à la Corroirie ?
Certaines plantes sont cultivées ou multipliées directement sur le domaine. L’angélique y pousse particulièrement bien et la rose travaillée à la distillerie a été bouturée par Jeff de Mareuil à partir d’un rosier ancien d’André Eve planté devant l’église. D’autres matières végétales sont sélectionnées ailleurs lorsque leur origine ou leurs qualités correspondent mieux à la recherche en cours.
La distillerie produit-elle aussi des hydrolats ?
Oui. Les hydrolats constituent une autre manière de travailler et d’observer les plantes. Une même matière végétale ne s’exprime pas de la même façon dans une macération, un spiritueux ou un hydrolat, et ces différences font partie des recherches menées à la Corroirie.
Peut-on acheter Élixir4 à la Corroirie ?
La fiole Élixir4♥ est proposée au prix de 68 €. Elle est actuellement épuisée. Lorsque des flacons sont de nouveau disponibles, ils peuvent être proposés à la Corroirie ou indiqués sur le site Élixir4. Il est également possible de contacter la Corroirie pour connaître la disponibilité du moment.
Peut-on organiser une dégustation ?
Une dégustation peut parfois prendre place lors d’un séjour, d’un moment partagé ou d’une venue à plusieurs à la Corroirie. Elle dépend du moment et du travail en cours dans la distillerie, plutôt que d’un programme permanent.